PromoLeaders, JIF 2021: PAROLE AUX FEMMES. Carole Lokossou

Akpé Carole Anne-Lise Lokossou

Je m’appelle Akpé Carole Anne-Lise Lokossou. Je suis une comédienne, danseuse et vocaliste béninoise dont la voix chaude et gutturale sublime un corps charismatique aux multiples expressions. Ancienne pensionnaire de l’Ensemble Artistique et Culturel des Etudiants du Bénin où j’ai appris le théâtre, la danse et la musique. Je suis diplômée d’une licence de sociologie, d’une maitrise en anglais et d’un master en gestion des projets et organisations. Une fois les diplômes académiques en poche, j’ai peaufiné mon art au  centre arabo-africain de recherches théâtrales en Tunisie, en France, en Angleterre où j’ai appris les méandres de l’incarnation d’un personnage et de la direction d’acteurs.

J’ai travaillé aux côtés de Pascal N’zonzi, Emanuel Daumars, Etienne Minoungou, Philippe Adrien, Tola Koukoui, Marielle Pinsard, Dine Alougbine, Jean Odoutan, Pablo Cesar, Ignace Yèchenou pour ne citer que ceux là. Je suis découverte à l’écran grâce à  Taxi brousse de Ignace YETCHENOU et Claude BALOGOUN où j’ai joué dans Anna et Bazil , Comme chez nous, Saga des héritiers de Arantess de BONALI, Le Ministre, Deuxième Bureau, mais j’ai été révélée dans Orillas de Pablo CESAR (coproduction bénino-argentine).  Le Retour du Roi de Roger NAHUM,  Les inséparables de Christiane CHABI  KAO, Pim Pim Tche de Jean ODOUTAN, Le pantalon Rouge de Hervé DJOSSOU  ou Sourou de Kissmath BAGUIRI me permettront de confronter mon credo qui est «  Tel un avocat, donner corps au personnage, le défendre, le pousser loin, le faire aimer, le faire haïr, le faire vivre, lui faire évoquer ou défendre ou non une idée et le laisser partir… quand tout est fini… pour donner corps à un autre …. » 


Je donne la part belle à la direction d’acteurs et ,au gré des projets, aide les jeunes comédiens à détecter, révéler et sublimer le potentiel artistique enfoui en eux. J’ai créé une association culturelle Rênes D’Afrique dédiée à la formation formelle et informelle des groupes vulnérables. Les sessions de formation sont essentiellement offertes aux femmes, aux jeunes et aux enfants. Aujourd’hui, je me spécialise dans les questions de la représentativité des arts béninois et la place de la femme dans les arts du monde.


– Que représente pour vous le 08 mars, Journée Internationale de la Femme ?
Pour moi, le 08 mars est une journée halte qui permet au monde entier de s’arrêter 24h pour penser ou repenser les problèmes existentiels liées à la frange la plus importante de la société.  Si cela ne dépendait que de moi, le 08 de chaque mois serait mondialement dédié à cette cause car il y a tellement à faire qu’une seule journée ne suffira forcément pas.Je suis cependant heureuse de voir que de plus en plus, la cause est partagée et que les foyers de  réflexions se multiplient.


– Quel est l’impact des femmes dans la société ?
On ne saurait parler de l’impact des femmes dans la société, vu que pour moi elles sont carrément le socle de la Société. Elles assurent la production, la reproduction, le suivi et l’évaluation des grands axes de la survie de l’espèce humaine.  Elles sont en amont et aval de l’humanité. Comment parler de l’impact de ce genre présent partout ?


– Quelles difficultés rencontrent-elles ?
Les difficultés que les femmes rencontrent sont multiples et multiformes. Elles sont essentiellement liées à la lutte entre les genres, à leur  méconnaissance de leurs propres forces et impact sur le monde et à la mauvaise organisation du genre humain.  Le monde cisaille lui même le siège sur lequel il est assis en baillonnant ou en réprimant la femme.  Cependant, elle même devra se lever et se battre beaucoup plus pour son autonomie, sa représentativité, son accès aux ressources et au pouvoir.


– Quelles approches de solution préconisez-vous ?
Au niveau microJe crois beaucoup au  changement de paradigme dans la cellule familiale, premier cadre de vie et d’éducation de l’enfant. Je crois que l’adulte de demain sera meilleur grâce à l’éducation qu’il reçoit avant l’âge de 7 ans. La première solution demeure l’éducation d’égalité de droits pour tous déjà au sein des foyers.  Je parle bien d’égalité des droits qui respecte même l’approche différentialiste. -Offrir à tous les enfants filles comme garçons les mêmes jeux d’éveil et de construction de la pensée – Opter pour une répartition égale des tâches et à une éducation non sexiste. 

-Offrir les mêmes chances d’accès à l’éducation aux enfants filles comme garçon -Renforcer chez l’enfant fille le sens de la compétition saine.
Au niveau macro L’Etat est véritablement le seul décideur. C’est à lui de voter et appliquer les lois qui restaurent et renforcent les femmes dans leurs droits. Le mieux être de la femme en tant que citoyen est donc une question de volonté politique. Ce n’est pas sorcier. Les États scandinaves comme la Suède et le Danemark sont des exemples palpables. Et l’on peut constater comment le niveau de vie a été boosté dans ces pays qui ont fait l’expérience de miser sur le positionnement du citoyen féminin. C’est à l’Etat de créer les conditions meilleures pour l’essor d’un citoyen féminin de meilleure qualité. C’est aux femmes de se battre pour des meilleures conditions de vie C’est aux hommes de les accompagner dans cette lutte pour leur propre bien être. C’est à la société de rétablir l’équilibre nécessaire à sa propre survie. Je demeure convaincue que le développement africain au 21 ème siècle sera surtout féminin ou ne sera pas du tout ! 


Propos recueilli et publié par Charly Djouah

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