PRÉSIDENTIELLE AU BENIN : Aledjo Maora dénonce une politique qui s’entête à exclure [INTERVIEW EXCLUSIVE]

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Aledjo Maora

« Je ferai de mon mandat unique une exigence morale en exerçant le pouvoir d’Etat avec dignité et simplicité ». En prêtant serment le 6 Avril 2016, Patrice Talon Président de la République du Bénin, s’engageait à ne faire qu’un seul mandat de cinq ans à la tête du Bénin. Mais au fil des mois, sa promesse a changé et le 15 janvier 2021, Son Excellence Patrice Athanase TALON, à la fin d’une tournée a annoncé qu’il se portait candidat à un second mandat à partir d’Avril 2021, comme il y est d’ailleurs tout à fait autorisé par les textes en vigueur.
A quelques mois du scrutin, le climat politique est déjà pré conflictuel. L’opposition s’est collectivement insurgée contre la composition des instances chargées de l’organisation du vote estimant qu’elle n’y était pas correctement représentée. En 2019, l’opposition dans son ensemble avait boycotté les élections législatives et les principaux opposants béninois vivent aujourd’hui en exil.
Sur les réseaux sociaux, quelques voix se font entendre pour non seulement échanger sur la situation politique actuelle mais et surtout appeler le peuple béninois au calme. Quelque soit la sortie, garder la tête froide et penser positif.
C’est en cela que nous avons rencontré Aledjo Maora qui s’est prêtée volontier à notre jeu pour laisser un mot au peuple béninois dans un sourire et une courtoisie que lui connaissent les internautes et une bonne frange du peuple béninois.


Nouvelle Afrique Magazine : Pouvez-vous vous présenter à nos chers lecteurs Madame Aledjo ?
Aledjo Maora :
Mon nom de jeune fille est Gladis Bénédite BABADOUDOU sur mes pièces. À la maison, on m’appelle plus par mon prénom de souche Nago : Aledjo. Maora est un pseudonyme que je me suis choisie.
Je suis béninoise de naissance particulièrement de Ouidah et naturalisée belge par mon lien de mariage.


NAM : Que pensez-vous de l’état politique actuel en République du Bénin ?
AM :
J’ai vraiment peur de sortir un mot pour décrire la situation actuelle de mon pays de cœur. Quand j’observe …les menaces qui planent sur nos têtes, je répondrai objectivement que mon pays est assis sur une poudrière. Toute cette psychose qu’on entretien par des kidnappings, les disparitions de jeunes et autres personnes, cette politique qui s’entête à exclure ajoutées à la précarité et la morosité économique ambiante, je pense à un cocktail tout prêt à exploser à tout moment. Le Bénin appartient à nous tous et ne peut faire l’objet d’un accaparement par un groupuscule de privilégiés. Dieu apaise le cœur des uns et des autres pour que le consensus et la tolérance règnent en chacun de nous.


NAM : L’implication de la femme en politique au Bénin. Votre analyse et propositions
AM :
L’implication de la femme dans les affaires d’état ne date pas de notre ère sur nos terres. Le régime patriarcal instauré par nos aïeuls fait que nous (femmes), sommes pour la plupart du temps marginalisées ou transparentes.

Le royaume du Danhomè a bien connu une reine efficace et glorieuse de plusieurs combats politico-militaire. La reine Tasi HANGBÈ était même à l’origine de l’unique armée féminine africaine de son ère.
Le président KEREKOU si je ne me trompe fût le premier chef de gouvernement à nommer une femme en son sein. Progressivement on ne doute plus aujourd’hui de notre efficacité même si le pourcentage à nous attribué reste encore infime et abusé. L’expérience a prouvé que les femmes sont les premières gestionnaires efficaces en cas de crises économiques dans le foyer.


Il faudra alors aux femmes d’affirmer leur volonté de rentrer en politique et de travailler pour y arriver. Elles doivent investir l’Assemblée Nationale car c’est là où se font les lois et toutes les bases de la politique nationale. Elles y parviendront facilement si elles sont en grand nombre à imposer le système du quota. Nous arriverons comme un peu partout dans le monde à une histoire de quotas pour rétablir l’équilibre. Je fais un clin d’œil affectif à la Vice-présidente du candidat Talon. Sincères félicitations très chère madame ! J’espère que les autres candidats suivront la mode !!!


NAM : Vous vous présentez comme Ex-femme du président de la république du Bénin, pouvez-vous nous parler de vos relations avec lui ?
AM : C’est une histoire née d’une blague que j’ai choisi au finish d’entretenir. Comme je l’ai dit dans une émission passée, nos chemins ne se sont jamais croisés et s’il y a une relation réelle et évidente entre nous, ce ne pourrait être que celle de la parenté étant tous deux de Ouidah. L’expression Ex est juste une métaphore pour signifier mon désaveu actuel et mon admiration passée.


NAM : Bientôt 5 ans à la tête de l’État, votre appréciation sur la gouvernance de Patrice Talon
AM :
Nous sommes heureusement à la fin d’un mandat éprouvant pour le peuple comme pour l’opposition et les web-activistes qui critiquent négativement et objectivement le pouvoir. J’aimerais pouvoir dire ouf, mais le candidat réclame malheureusement un bis repetita. J’ai peur pour notre lendemain si cela se réalise. Il y a forcément eu des actions positives. Elles sont minimes et quand on a la curiosité aiguisée comme moi, on ne peut s’arrêter à la façade embellie et maculée que tout le monde admire. Je vais toujours au-delà de cette jolie façade pour dénicher les pourritures éventuelles qu’elle voile. Pour la rupture, il y en a tellement eu derrière chaque réalisation.


NAM : Que reprochez-vous exactement à ce régime.
AM :
Vous savez, lorsque tout est transparent, on fait attention à ne pas faire des bêtises de peur d’être interpellé pour répondre de son erreur. L’absence de ce principe dans la gestion du patrimoine nationale est déjà un abus inacceptable et intolérable à mon entendement. L’homme d’affaires Patrice Talon ne peut pas donner dès le départ un blanc-seing au gestionnaire de son patrimoine sans y avoir un dernier regard de contrôle.
Pourquoi abuse-t-il du peuple que nous sommes alors en gérant notre patrimoine dans une totale opacité comme sa propriété privée ?


La liste des reproches ferait une encyclopédie mais les plus graves sont les crimes de sang et délits multiples, l’impunité érigée comme rempart pour les auteurs de ces crimes et délits, la facilité d’embrasser une dette abyssale sans investissements ni usages rentables et productifs, l’absence durable d’aides sociales et solidaires, la négligence des investissements d’un passé récent non aboutis qu’on brandit comme un trophée pour justifier le peu qui se fait, la confiscation des libertés, le changement bancal et nocturne de notre Constitution sans référendum, les prisonniers d’opinion, la lutte sélective contre la corruption etc…
Ce gouvernement est surtout fort dans les comparaisons. Comment peut-on se sentir fier à se comparer à celui qu’on avait traité soi-même de médiocre ? La gestion du gouvernement de la rupture est simplement une honte, une jolie tarte indigeste.


NAM : Si aujourd’hui, le président Talon vous appelait à travailler avec lui, accepteriez-vous l’accompagner pour atteindre des résultats ?
AM : L’expérience montre que ce régime n’est pas sincère. Quand je regarde ceux qui étaient critiques avant d’être intégrés, ce qu’on en fait une fois dans le gouvernement, ma réponse est sans hésitation non. Si vous y entrer, on ne tiendra aucune promesse de votre embauche, on ne vous laissera pas les mains libres et ne donnera pas les moyens nécessaires pour opérer. Ils auront peur que vous prouviez que ce que vous défendiez est faisable et les mette en difficulté. Il vous poussera à la faute pour vous ridiculiser et pire on vous confiera des rôles de pitres pour que vous perdiez toute votre dignité. Il y a des hauts cadres dans ce gouvernement. S’ils ne font pas le job, c’est qu’ils ont de la mauvaise foi ou ils ne visent que leurs intérêts et celui de leur clan.
C’est catégorique et c’est NON !


NAM : Bientôt les élections présidentielles. Comment jugez vous les actions du gouvernement à l’endroit de l’opposition ?
AM : Malheureusement, nous ne sommes pas aux premières élections organisées par ce gouvernement. Le mode d’opération a été le même pour les deux premières. Jamais deux sans trois dit on n’est-ce pas ? Cependant, il y a un autre adage qui dit : « il n’y a que les cons qui ne changent pas ». Croisons les doigts pour que ces élections présidentielles soient inclusives comme depuis plus de 30 ans.


NAM : Quelles sont vos propositions dans ce cas ?
AM :
Il ne faut pas s’amuser à vouloir pousser celui qu’on croit peureux dans son dernier retranchement. Quand il n’a plus le choix d’une survie, il se jette avec toute sa détermination, sa frustration cumulée, sa hargne et son énergie de désespoir dans son dernier combat qui peut-être mortel pour un camp ou l’autre.
Ce n’est pas mon souhait pour mon pays et mon peuple. Que le consensus, la tolérance et l’intérêt supérieur de la Nation prédominent sur tous intérêts belliqueux. Il faut aller à la table du dialogue. Le feu couve sous la cendre, ne soufflons pas sur le brasier dormant. Nous voulons la paix.


NAM : Quels messages adressez-vous à la jeunesse pendant cette période électorale ?
AM :
La jeunesse doit comprendre qu’elle est la seule et unique relève de demain et doit pour ce faire prendre ses responsabilités. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années dixit Pierre Corneille.
La classe politique actuelle dans son entièreté est vieillissante, abîmée, usée par le temps et les magouilles politiciennes. Nous sommes dans un monde nouveau où la politique doit reprendre ses prérogatives ; la bonne gestion de la cité et le sacerdoce que cela représente. On y tire fierté, avantage et dignité durable ou éternelle.
La politique n’est pas un tremplin pour l’enrichissement facile par un patrimoine collectif qui ne vous appartient pas.


Tôt ou tard, la justice vous rattrapera en cas de mauvaise gestion ou abus quelconque. Vous perdrez votre verve et votre confiance. Vous traîneriez votre nom et votre personnalité autrefois adulés dans une souillure inqualifiable.


Jeunesse de mon pays, « n’oublies pas que tu es acteur dans la pièce où le maître qui l’a fait a bien voulu te faire entrer». Joseph Vialatoux.

Cette élection doit être pour la jeunesse l’occasion de balayer la vieille classe politique voleuse de patrimoine et corrompue jusqu’à la moelle des os.


NAM : Quels messages adressez-vous aux mouvanciers comme aux opposants.
AM :
Nous avions opté sur la base d’un consensus référendaire pour une démocratie pluraliste intégrale après une période incandescente comme celle dans laquelle nous vivons actuellement. Il n’y aura pas selon mon avis personnel une autre solution que le consensus sincère et non biaisé. Les enfants d’une même fratrie doivent s’asseoir et se parler en tournant le dos à la rancœur pour ne privilégier que l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est lors de ces négociations transparentes et sincères qu’on pourra mettre dans la machine s’il faudra amnistier ou pas les coupables de certains crimes ou délits légers. Vous m’excuserez mais on ne peut pas toujours laisser certains crimes impunis pour le simple fait de sauver la paix.


NAM : Madame Aledjo, êtes-vous opposante, mouvancière ou simple activiste ?
AM :
Je me définis avant tout comme une activiste car c’est comme cela que j’ai commencé avant que je ne sois taxée d’opposante. Pour moi, la neutralité est un leurre et je ne m’inscris pas dans ce registre. Quand un camp réalise ce qui va dans l’intérêt ou pas du peuple, je le félicite ou le dénonce.


Il est vrai que le parti au pouvoir a fait preuve d’un abus inacceptable et intolérable ce qui fait qu’il m’a régulièrement sur le dos. Mais être dans l’opposition c’est avant tout être militant ou membre d’un parti qualifié d’opposition. N’étant membre ni militant d’aucun parti politique ni de l’opposition ni de la mouvance, je ne sais pas sincèrement quoi répondre. Il est certain que je m’oppose farouchement au pouvoir mais ça s’arrête là. J’aime dire souvent que mon parti est notre Nation et son peuple tout entier.


NAM : Madame Aledjo fait quoi dans la vie en dehors des réseaux sociaux ?
Combien d’enfants déjà et quelles sont vos relations avec votre belge par rapport à votre activité sur la toile ?
AM : Vous voyez bien qu’il n’y a pas de publicités sur ma page. Vous convenez donc que je ne peux pas vivre de mes activités sur les réseaux sociaux qui relèvent plus de la passion que du lucratif. Je travaille donc.
Je suis scénographe. Excusez si je garde un peu de mystère autour de ma vie privée. Néanmoins, je vous affirme que mon époux a son mot à dire sur toutes mes activités sur la toile sauf qu’il ne se mêle pas de mes activités politiques à part quand il a peur pour ma sécurité.


NAM : Merci d’avoir accepté cette interview. Votre mot de fin à l’endroit des béninois en particulier et de l’Afrique en général ?
AM : C’est moi qui vous remercie sincèrement d’être venu vers ma petite personne en pensant que ma voix porte. J’espère avoir été à la hauteur de votre attente et de celles des lecteurs et lectrices de mon pays et de par le monde !


Aledjo Maora :
À l’endroit des béninois, je voudrais dire qu’il nous faut aller à nouveau à l’école du patriotisme et du scoutisme comme l’avaient fait nos parents et certains pays européens encore. C’est formateur et cela développe un esprit d’avancement en groupe, une certaine fraternité. Le bien-être collectif crée un épanouissement certain et une certaine paix sociale. Le bien-être solitaire crée la jalousie, la frustration, la rancœur, des envies malsaines qui ne peuvent durablement assurer une paix sociale.
À l’Afrique, nous sommes historiquement les premiers sur la terre et les seuls encore en communion avec les principes de base. Nous avions gardé notre foi au Créateur par notre fidélité aux pratiques ancestrales initiatiques.
Nous demeurons malgré tous les pillages et meurtrissures le continent dont le sous-sol appelle toutes sortes de convoitises mortifères. Préparons-nous et travaillons sans relâche pour saisir cette opportunité quand elle se présentera à nous.

Dieu bénisse le Bénin et son peuple !
Vive l’Afrique forte et unie qui travaille à sa gloire !

Aledjo maora


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