BENIN : Présidentielle 2021: 《Le Bénin est au bord d’un drôle d’élection 》dixit Ferdinand Lawson

[ INTERVIEW EXCLUSIVE ]

Le Bénin s’apprête à élire son président dans quelques mois conformément à la constitution qui prévoit un mandant de 5ans pour les chefs d’état élus.  Dans ce contexte pré électoral, le probable candidat Ferdinand Lawson s’est exprimé sur les événements qui ont marqué la vie politique du Bénin depuis 2016. Il dénonce le processus électoral du scrutin électoral d’avril 2021 et appelle le peuple béninois à tourner la page « Talon ».  Il répond aux micros de L’AUTRE FIGARO et Nouvelle Afrique Magazine.

L’AUTRE FIGARO & Nouvelle Afrique Magazine: Monsieur Lawson Ferdinand,  comment vivez-vous cette période pré-électorale de la présidentielle ? 

Ferdinant Lawson : Cette période n’est pas sans me rappeler une expression née à l’occasion du début de deuxième guerre mondiale : la « drôle de guerre ». L’Allemagne hitlérienne avait envahi et battu la Pologne et les armées alliées n’avaient pas bougé. D’où l’inactivité insolite alors que l’Europe était en guerre. Aujourd’hui le Bénin est au bord d’une « drôle d’élection ». Il y plane une sorte d’inactivité, résultat d’une stratégie consciente de verrouillage de la vie démocratique de notre pays, dont le premier fait d’arme fut la révision de la constitution.

LAF& NAM: Le Bénin est-il prêt à élire son dirigeant ?  

FL: En réformant le Code électoral, le Chef de l’Etat a tenté de leur volé leur souveraineté.
Alors je ne dirai pas qu’il est prêt, mais qu’il aspire au plus profond de lui-même au changement et à l’élection du candidat qui va porter ses espoirs d’une vie meilleure valant d’être vécue. Lui permettant de rêver mais aussi de satisfaire ses premiers besoins. C’est de cela qu’il s’agit quand je me pose en défenseur du « panier de la ménagère ».

LAF& NAM:  votre nom est abondamment cité comme probable candidat à  l’élection présidentielle d’avril 2021. Pourquoi selon vous, il faut fait partir Patrice Talon? 

FL: Votre question me permet de préciser une chose importante : Je ne combats pas l’homme. J’ai l’ honnêteté intellectuelle et politique d’affirmer que Patrice Talon, Chef de l’État Béninois de 2016 à 2021, aura jeté les bases d’ un nouveau fonctionnement et mentalité. Mais dans les faits, le pays a continué de s’enfoncer et à prendre du retard  dans son développement.
Pourquoi Patrice Talon doit-il partir ? Car il est le digne héritier de classes politiques égoïstes et d’un système anti-démocratique et véritable machine à reproduire les erreurs du passé. Pendant son mandat, il a décidé seul des politiques publiques, sociales et économiques du Bénin. C’est pourquoi face à lui on note l’absence d’une réelle opposition et la présence de personnalités impliquées dans différents dossiers de corruption et fossoyeurs de l’économie et du développement de la Nation Béninoise.
Ainsi, ma gouvernance marquera la début d’une nouvelle ère dans le paysage politique, fondée sur les besoins réels de la population.  J’ai sillonné le pays, voyageant à la rencontre de la diaspora pour m’imprégner des réalités concrètes à l’écoute des femmes, des hommes, jeunes et plus âgés qui font la réalité du Bénin d’aujourd’hui et auxquels je dédie ma candidature.  Mon programme est un contrat entre Ferdinand Lawson et son peuple. 

LAF& NAM: La rupture n’a pas satisfait aux attentes des béninois sur tous les plans.  Que propose le candidat Lawson aux Béninois ?  

FL: Ce que je viens de dire, montre que nous faisons la même analyse. Agir comme l’ont fait les hommes du passé et j’inclus le présent dans le passé. Car il est fait de ce même bois qui a engendré l’amertume et la désespérance des Béninois. Je ne suis pas prisonnier du passé pour la bonne raison que je n’ai pas été complice des erreurs ou arrangements passés.
Le changement auquel je convie le peuple béninois et les forces vives de la nation renvoie dos à dos les clans égoïstes des acteurs du passé. J’en appelle à la constitution d’ une nouvelle classe animée par l’intérêt du plus  grand nombre. Tant que nous n’ aurons pas compris  et opté pour cette voie, le Bénin aura des années de retard dans son développement. 
Il me revient de prendre la suite dans un débat d’ idées pour démocratiquement donner un autre souffle au Bénin, à travers un autre choix de société sans engager une chasse aux sorcières tous azimuts tout en mettant en lumière les fossoyeurs de la République.  Pour ces raisons, je suis celui qui incarne la véritable rupture. 

LAF& NAM: Comptez-vous recueillir le nombre de parrainage suffisant pour entrer en course contre Talon?  

FL: Dans l’état actuel des choses, de nouvelles candidatures sont pratiquement impossibles. C’est pourquoi je me suis mis en marche pour que l’on revienne à la situation précédant la réforme du code électoral et donc à l’absence de parrainages. J’exige des élections démocratiques au cours desquelles le peuple pourra choisir librement son candidat.

 LAF& NAM: Lors de sa tournée de reddition de compte, le Chef de l’Etat a  fait savoir à  N’dali la préoccupation d’une nouvelle révision constitutionnelle.  Pensez-vous qu’il cherche à  organiser vraiment l’élection présidentielle ?  

FL: Mon analyse est que le Chef de l’État mène une stratégie d’anesthésie. Il va s’efforcer de gagner du temps, se faire élire en promettant des réformes constitutionnelles qu’il enterrera et bénéficier ainsi d’un deuxième mandat.

LAF& NAM: Vous dites qu’il faut revenir à la constitution de 1990 avant la présidentielle.  Ceci est-il possible sans une révision constitutionnelle ?  

FL: C’est une obligation. Sinon nous ferons un recours devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. J’ai déjà pris clairement position, depuis plusieurs mois sur la Constitution de 1990, tout en soulignant ses besoins d’amélioration. J’appelle d’ailleurs à des assises nationales et consensuelles pour consolider notre démocratie.

LAF& NAM: Pourquoi vous vous démarquez de l’opposition tranchée avec Patrice Talon?

FL: Comme je l’ai dit précédemment l’opposition à Patrice Talon s’est rendue complice de l’ancien système.
Je considère que le pays a besoin d’un souffle nouveau et de nouveaux points de vue. 
Pour porter ce message ma stratégie est le rassemblement des forces vives de la nation autour de mon projet politique. 

 LAF& NAM: Lawson ira à l’élection présidentielle sous les couleurs de quel parti politique ?  

FL: L’élection présidentielle est l’occasion d’un contrat entre Ferdinand Lawson et son peuple.
Je suis le président du MRD, un parti constitué de militants généreux et impliqués qui, comme moi sont animés, par une seule volonté : servir le peuple béninois sur la base d’une plateforme de 50 résolutions pour la résurgence du Bénin.
J’appelle toutes les forces qui se reconnaissent dans mon action et mes projets à nous rejoindre.

 LAF& NAM: Pendant que le poids de la dette publique ploie l’économie nationale, une affaire de 40 milliards détournés éclabousse le régime.  Mais la juridiction compétente pour connaître des poursuites dans ce dossier se déclare incompétent.  

FL: Ceci est le reflet de la situation démocratique du pays et du système de verrouillage hérités du système Talon.  Les responsables de ces détournements seront traduits devant les tribunaux compétents et assumeront leurs actes.

LAF& NAM: Merci d’avoir répondu à nos questions.
FL: Je vous remercie. 

Propos recueillis par Gertrude Jiaou et Aristide Fassinou HOUNKPEVI

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