CATALYSER LES CONNAISSANCES PRATIQUES POUR FACILITER L’ENTREPRENEURIAT DES JEUNES ET LA CRÉATION D’EMPLOIS. Autosuffisance alimentaire en Afrique.

70% des Africains travaillent dans l’agriculture mais près du quart de la population du continent demeure sous-alimentée. Et chaque fois que ce constat est fait, les appels à l’autosuffisance refont surface. En effet, après avoir été abandonné, suite à l’échec du plan de Lagos dans les années 80, le concept de l’autosuffisance, impliquant la satisfaction des besoins alimentaires des populations par la production locale, est remis au goût du jour.

Parlant de sécurité alimentaire, elle est définie comme la possibilité matérielle et économique pour chacun d’acheter, de se procurer ou de consommer en tout temps suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active. 

L’idée ici n’est pas de contester le droit des pays africains de réduire le recours à l’extérieur pour se nourrir mais de prévenir contre une approche d’autosuffisance servant d’alibi pour justifier des interventions étatiques jusque là inefficaces et coûteuses.

C’est suite à cela, que nous initions des communications à l’endroit de la jeunesse sur l’auto emploi, la création d’entreprise et surtout apprendre à la jeunesse cette auto suffisance alimentaire qui est le premier besoin de l’homme.

Plusieurs techniques existent mais nous adapterons cette communication sur les plus simple et moins couteux pour que ne serait-ce que subvenir aux besoins familiaux les jeunes puissent prendre conscience que seuls eux mêmes peuvent se sortir de la pauvreté.

Les cultures hors sol.

Aujourd’hui, nous parlerons de la culture hors sol familiale : Avantages

  • L’économie d’eau et d’engrais minéraux. …
  • La simplification des techniques culturales. …
  • Le gain de précocité …
  • Une meilleure qualité des produits. …
  • L’augmentation du rendement. …

L’idée de cultiver en hors sol, est apparue depuis longtemps comme une méthodologie pour établir les mécanismes de l’absorption racinaire des éléments minéraux, et pour étudier le fonctionnement des plantes. Cependant au cours des dernières décennies, cette méthode s’est largement répandue. Elle est devenue indispensable dans la production végétale. Les cultures hors sol se définissent comme des cultures où les végétaux effectuent leur cycle complet de production sans que le système racinaire ait été en contact avec leur environnement naturel, qui est le sol. Les racines sont ainsi continuellement alimentées par un milieu liquide minéral qui est la solution nutritive et qui apporte l’eau, l’oxygène dissous et les éléments minéraux indispensables.

Les cultures hydroponiques, aquaponiques et verticales constituent des options potentiellement lucratives et sans risque pour les jeunes citadins désireux de créer leur entreprise dans le secteur de l’alimentation en Afrique.

Ces trois modes de culture, tous basés sur le concept de la culture hors sol, peuvent être pratiqués sur des superficies relativement limitées – même dans des conteneurs ou des structures mobiles – et possèdent un meilleur potentiel de récolte, de vente et de rentabilité que la culture traditionnelle en plein champ puisque les cycles de production sont de sept à huit semaines. La culture hors sol ne requiert pas de champ, comme son nom l’indique bien, et consiste à cultiver des plantes grâce à un système d’irrigation où circule une eau enrichie en nutriments.

Cette technique permet de cultiver un large éventail de produits, mais un élément clé est que la plupart de ces produits sont directement consommables – par exemple les légumes-feuilles, les tomates et les fines herbes – et sont adaptés à plusieurs marchés différents, notamment les supermarchés, les traiteurs, les exportateurs, les hôtels et les établissements de soins de santé et d’enseignement.

Point important s’il en est, la culture hors sol est une technique qui s’apprend plutôt facilement puisqu’il ne faut pas en passer par des cours sur la nature des sols et la préparation des champs. Elle requiert il est vrai un investissement de départ, mais cet investissement peut être financé par les pouvoirs publics et des partenaires de développement dans le cadre de programmes visant à promouvoir l’emploi des jeunes et l’esprit d’entreprise. Elle se pratique dans des serres, des entrepôts, des immeubles ou des conteneurs, ce qui réduit l’exposition aux aléas climatiques, et ne requiert même pas la lumière du jour puisque les plantes se développent aussi bien sous éclairage artificiel.

Une option séduisante pour les jeunes

Le fait que ce mode de culture ne demande pas beaucoup de main-d’œuvre, implique certaines technologies (surtout en aquaculture) et se prête à l’utilisation d’énergies renouvelables, avec à la clé la création de systèmes de production alimentaire encore plus durables, a tout pour plaire aux jeunes citadins. A Johannesbourg, en Afrique du Sud, des potagers hydroponiques sont installés sur des toits dans le cadre d’initiatives de responsabilité sociale visant à permettre aux jeunes de travailler, de gagner leur vie et d’améliorer la sécurité alimentaire.

Le marché global pour ces jeunes agripreneurs se développe rapidement grâce à diverses tendances :

  • L’exode rural, conjugué à la croissance démographique, entraîne l’augmentation de la taille des villes africaines, et se traduit par une diminution du nombre de producteurs alimentaires, notamment pour ceux qui vivent en milieu urbain.
  • En Afrique, la croissance démographique enregistrée au cours des 15-20 dernières années a entraîné une augmentation de la taille de la classe moyenne allant de pair avec une amélioration du niveau de vie (même s’il reste des poches de pauvreté).
  • Les gouvernements africains commencent à adopter des politiques qui promeuvent la consommation et la valorisation de produits locaux et incitent à remplacer de nombreux produits importés par des produits locaux. Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique importe plus de $45 milliards (€40 milliards) de denrées alimentaires par an.
  • La production locale, les technologies de culture hors sol et la culture en milieu urbain suscitent de plus en plus d’intérêt, car ce sont des moyens de répondre à des besoins sociaux en ville, à savoir nourrir la population, créer des emplois et stimuler le développement économique local.

Les jeunes citadins, bien que ce ne soit pas l’effet escompté à l’origine, qui se lancent dans l’aventure pourraient être tentés de se tourner vers des techniques agricoles plus traditionnelles une fois qu’ils auront développé leur clientèle et des débouchés commerciaux. Dès lors, leurs résultats financiers, les relations nouées avec les banques tout comme leur connaissance du marché (et des arcanes de la commercialisation) et leur familiarisation au potentiel économique du secteur alimentaires deviendront autant d’atouts qui joueront le leur faveur.

Pour toutes ces raisons, quiconque cherche à convaincre des jeunes de se lancer dans l’agriculture et, plus généralement, dans l’alimentation doit bien comprendre qu’accélérer le développement des sites de culture hors sol en milieu urbain est une première étape incontournable !

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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