La jeunesse africaine face à l’entrepreneuriat. Principal acteur de développement.

Le chômage des jeunes prend de plus en plus d’emploi en Afrique et la solution pour juguler ce problème passe par entrepreneuriat. Des avancées considérables ont été faites pour encourager l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique mais les jeunes restent encore confrontés à de nombreuses obstacles. Parmi ces obstacles, on peur citer : l’attitude de la société à l’égard de l’entrepreneuriat, le manque de compétences, l’insuffisance de la formation à l’esprit d’entreprise, le manque d’expérience professionnelle, l’absence de fonds propres, l’absence de contacts et barrières inhérentes au marché, les formalités sont plus lourdes et plus longues, le coût de démarrage, le capital minimum obligatoire et le manque d’accès aux informations particulièrement pertinentes pour les activités entrepreneuriales.

Des politiques visant à éduquer la société et notamment les parents qui sont souvent peu informés des exigences et des perspectives de l’entrepreneuriat à la culture entrepreneuriale ainsi qu’à informer les jeunes qui ont ou qui désirent créer leur entreprise sur toutes les formalités à remplir et sur l’existence des programmes publics dédiés à l’amélioration de la productivité de leur entreprise faciliterait la création d’entreprise par beaucoup de jeunes.

La question de l’emploi doit occuper une place prépondérante dans les débats politiques de développement de toutes les nations du monde entier car cela doit retenir l’attention des gouvernements qui doivent chercher les voies et moyens les plus appropriés pour pallier aux problèmes de chômage afin de sortir leurs populations de la précarité.

Permettre à leurs populations non seulement de subvenir à leurs besoins mais aussi de contribuer au développement socio-économique.

L’Afrique a ce qu’il faut pour relever les défis économiques et sociaux !

En effet, le continent dispose de la plupart des ressources naturelles de la planète : 97% des réserves mondiales de cuivre, 80% de celles de coltan, 57% de celle d’or, 23% de celles d’uranium et phosphates, 32% de celles de manganèse, 41% de celles de vanadium, 49% de celles de platine, 60% de celles de diamants, 14% de celles de pétrole…En termes d’agriculture, l’Afrique possède de vastes terres fertiles de forêts.

Malgré ce potentiel énorme, la plupart de ces ressources reste sous-exploitées et majoritairement cédées à des entreprises étrangères, ce qui crée une énorme dépendance de l’extérieur. Ce constat est d’autant plus vrai pour ce qui concerne l’alimentation. En Afrique subsaharienne par exemple, 24 % des céréales consommées localement en 2014-16 étaient importées et cette proportion devrait passer à 27 % au cours de la période de projection, de 2017 à 2026.

Ce constat sera toujours le même tant que les autorités ne mettront pas en place de vraies politiques sectorielles, en vue de réduire le gap en matière d’infrastructures (agricoles, énergétiques, transport…) et favoriser la production et la consommation locale.

Les jeunes représentent près de 30% de la population mondiale. En Afrique de l’Ouest comme en Afrique centrale, les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Cette population peut constituer une opportunité si les politiques actuelles tiennent compte de leurs aspirations et problèmes. Ceci devrait passer par un renforcement du rôle de la jeunesse dans la promotion du développement économique et social de nos Etats.

En plus du cadre des affaires contraignant, le jeune entrepreneur Ouest-Africain fait face à des pressions sociales non négligeables et évolue dans un environnement qui ne favorise pas « l’essayage ». La nécessité d’encourager les jeunes à entreprendre en les poussant à se découvrir eux même et en valorisant leurs initiatives.

De nombreuses initiatives prometteuses pour entrepreneuriat

Sur le front de la promotion de l’entrepreneuriat, les États peuvent néanmoins compter sur l’implication grandissante du secteur privé. « Les multinationales, qui voient dans l’Afrique un territoire de croissance pérenne, se rendent compte qu’elles ne peuvent pas prospérer sans le développement d’un écosystème de PME et de PMI », observe Paul Giniès.

Orange accompagne chaque année sur trois mois une poignée de start-up ivoiriennes au travers du programme Orange Fab et participe, via sa filiale Sonatel, au financement du CTIC à Dakar, un autre incubateur de projets consacré au monde numérique. Danone accompagne plus de 10 000 petits éleveurs au Maroc pour sécuriser son approvisionnement et aide ses partenaires à augmenter leurs revenus.

De manière plus spectaculaire, le milliardaire nigérian Tony Elumelu a lancé en 2015, au travers de sa fondation, un programme doté de 100 millions de dollars (environ 80 millions d’euros) sur dix ans afin d’identifier et de former 10 000 start-up, de créer 1 million d’emplois et 10 milliards de dollars de revenus annuels. À l’occasion de sa deuxième année, l’initiative a suscité plus de 45 000 candidatures, provenant principalement du Nigeria, du Kenya, du Ghana, de l’Ouganda et du Cameroun.

Du côté des institutions de développement, la valorisation de l’entrepreneuriat est aussi dans l’air du temps. Arrivé à la tête de la BAD en mai 2015, Akinwumi Adesina a naturellement mis l’accent sur l’agriculture, un secteur qu’il connaît bien puisqu’il en avait auparavant la responsabilité au sein du gouvernement nigérian.

Le programme « La jeunesse dans l’agri-business », doté d’un budget de 700 millions de dollars, qui sera mis en œuvre dans vingt pays sous la direction d’agences nationales avec l’appui d’organisations comme l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) ou l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), ambitionne d’offrir des opportunités d’insertion professionnelle à au moins 800 000 jeunes.

Cette initiative inclut la création de 18 400 agri-start-up donnant un emploi décent à 154 000 Africains. Selon les calculs d’IITA, un incubateur coûtant 713 000 dollars pourrait créer entre 103 000 et 175 000 emplois et générer un revenu compris entre 1,7 million et 3 millions de dollars.

« Le jeune africain doit être conscient de son potentiel et être entreprenant afin de sortir de la précarité, et de résoudre le problème de l’emploi des jeunes qui demeure un défi dans nos pays. Nous devons nous libérer de ces idées, selon lesquelles, diplôme en main, il nous faut à tout prix travailler à la Fonction publique. Ou encore que pour entreprendre il faut avoir des diplômes. Ce ne sont que des idées fausses qui empêchent de nous prendre en charge », commente Steeve Ndone Sakiessemutie, jeune entrepreneur, lauréat du concours Great entrepreneur, organisé par le British Consul au Sénégal. Avec son entreprise Athome center, il offre la possibilité à de nombreux jeunes au Sénégal de s’auto-employer.

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons réaliser que les jeunes entrepreneurs et innovateurs du continent possèdent le potentiel économique nécessaire pour créer des millions d’emplois très qualifiés et promouvoir une croissance économique inclusive à l’échelle du continent

Serge A. A.

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