Chine : le coronavirus plus meurtrier que le Sras avec un nouveau bilan de 362 morts. Quelles précautions pour le continent africain.

57 décès supplémentaires ont été enregistrés lors de la seule journée de dimanche. A cette allure, bon nombre de pays européens prennent leurs dispositions non seulement pour éviter le pire mais mettent en place des dispositifs afin que les cas détectés soient rapidement pris en compte pour ne pas subir la perte des citoyens. EN 10 jours, la chine a pris ses précautions en construisant un hôpital pour prendre immédiatement en charge les malades. Qu’en est il du continent africain premier partenaire commercial de la Chine ?.

Trois cent soixante-deux morts et 17 200 infections confirmées : le bilan du nouveau coronavirus dépasse désormais celui du Sras en Chine continentale, où devait s’ouvrir lundi un hôpital construit en un temps record pour faire face à l’afflux de malades.

Une épidémie plus meurtrière que le Sras

Dix jours après la mise sous cloche de Wuhan, la métropole géante à l’épicentre du virus qui s’est diffusé dans 24 pays, la Commission nationale de la santé a fait état d’un bilan de 362 morts, dont 57 décès supplémentaires lors de la seule journée de dimanche.

Il y a désormais en Chine continentale (hors Hongkong et Macao) plus de morts dus à ce coronavirus qu’à l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003.

Le bilan quotidien de 57 morts est également le plus lourd depuis le début de l’épidémie en décembre.

Le virus a en outre fait un mort pour la première fois en dehors de Chine : un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, avait annoncé dimanche matin l’OMS.

Accueil des premiers malades dans un hôpital construit en 10 jours

La très grande majorité des décès et des cas de contamination par le nouveau coronavirus sont à déplorer à Wuhan et dans sa province, le Hubei, où quelque 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

Face à un système hospitalier débordé, la ville devait accueillir lundi de premiers malades dans un hôpital construit dans le délai record de 10 jours.

La construction de cet « Hôpital de la montagne du Dieu du Feu » a eu lieu à grand renfort de propagande, avec des images diffusées en boucle à la télévision avec une équipe médicale de 1 400 militaires prendra soin des patients.

Un autre hôpital encore plus grand (1 600 lits) est en construction dans la ville. Il doit ouvrir ses portes dans quelques jours.

L’Afrique se prépare à faire face au coronavirus

Pour le moment, aucun cas de coronavirus n’a été confirmé sur le continent africain malgré des suspicions, notamment en Côte d’Ivoire et au Kenya. Mais le directeur du Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) se montre réaliste.

Selon le docteur John Nkengasong, il est fort possible qu’il y ait des personnes porteuses du coronavirus en Afrique, mais qu’elles n’aient tout simplement pas été détectées.

Le spécialiste admet ainsi que les capacités de surveillance sont très variables selon les États du continent. Les contrôles ont été renforcés dans les principaux aéroports : Éthiopie, Kenya, Afrique du Sud, Maroc, Égypte, Rwanda et Maurice. Mais le bât blesse concernant les moyens de diagnostic.

« Il y a des kits de diagnostic, mais ils ne sont pas disponibles partout dans le monde, explique le médecin. C’est pourquoi le CDC et l’OMS travaillent de manière rapprochée avec les fabricants et la Chine pour les rendre disponibles sur le continent aussi vite que possible. »

Cette épidémie mondiale renforce la conviction du Dr Nkengasong de l’importance des liens entre pays, de la création de réseaux régionaux. C’est le cas d’ores et déjà en Afrique centrale : « S’il y a par exemple un cas suspect au Burundi, ils peuvent appeler le laboratoire au Gabon ou celui du professeur Muyembe en RDC et ils aideront, c’est tout l’intérêt d’un réseau régional. »

De manière générale, le continent est déjà sous alerte avec l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la RDC. Il s’agit donc d’élever encore le niveau, mais pas de partir de zéro, selon le médecin en chef de l’UA.

Le centre de prévention de l’Union africaine rappelle les consignes élémentaires : en cas de forte toux et de forte fièvre, se couvrir la bouche et le nez et se rendre au centre de santé le plus proche en prévenant la première personne rencontrée afin de ne pas mettre en danger les autres patients ou le personnel et d’éviter au maximum la contagion.

Le nouveau virus de la famille des coronavirus apparu en décembre en Chine s’étend désormais dans treize pays. Sur le continent africain, l’inquiétude est d’autant plus grande que la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Selon les chiffres qui circulent, entre 300 000 et 400 000 migrants africains vivent aujourd’hui en Chine, notamment dans la métropole de Canton, dans le sud-est de la Chine. Dans l’autre sens aussi, la présence de travailleurs chinois en Afrique est bien visible. Alors que 2 000 personnes ont été contaminées en Chine et que 56 sont mortes, selon le dernier bilan officiel dimanche, des interrogations sur la mobilité des Chinois en Afrique et le risque de contamination augmentent. On en apprend un peu plus chaque jour sur l’épidémie, mais de nombreux facteurs inconnus empêchent encore de déterminer son degré de gravité à l’échelle mondiale. On sait tout de même que cette maladie de la famille des coronavirus se manifeste par les symptômes de la grippe, de la toux, de la fièvre pouvant aller jusqu’à des syndromes respiratoires sévères.

Serge AMOUSSOU A.

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