BÉNIN Culture : Sêminvo l’enfant noir « Je suis artiste slameur, écrivain. Je me définis comme un artiste révolté, et non engagé… »

« J’ai fermé les portes des yeux pour m’ouvrir à l’intérieur. C’est au fond de soi qu’on peut se rendre partout ailleurs. » 
Sêminvo L’Enfant Sêminvo L’Enfant Noir

« Je suis artiste slameur, écrivain. Je me définis comme un artiste révolté, et non engagé… »

Ce jeune slameur que nous avons rencontré dans les fins fonds de Cotonou en République du Bénin.

De son vrai nom HLIHE Sêminvo, et de nationalité béninoise, ses plus grands désires sont : la paix et la liberté. Rêvant de l’espérance pour l’Afrique une chance à l’éducation pour tous, pour que nos communautés ne soient plus obligées à être réduites à l’esclavage. « Esclavage dont nos décideurs africains sont maîtres dans l’art de faire travailler le peuple souffrant pour se remplir les poches. »

 

Nous partageons ici avec vous, une de ses créations qui parle de l’actualité en République du Bénin, sous la Gouvernance, de Patrice A TALON, actuel Président et Chef de l’Etat.

SEMINVO L’ENFANT NOIR

Quand je vois toutes les décisions prises, les lois votées, les arrêtés, les expressions de tel ministre ou de tel préfet, de tel député ou même de telle autorité, je m’inquiète de la relation État – Citoyen.

J’ai comme l’impression pesante que le Bénin devient simplement et purement un pays de répression. On veut réprimer. On veut punir. Traquer. Sanctionner. Sévir. Et plus loin…interdire. Le langage du verbe le promet. Celui du corps le martèle.

Comme si ce Pays est rempli de cancres, de cancrelats, de brigands et de délinquants…

On n’est dans une permanente menace de Damoclès. Je peux me tromper. Et pourtant je crois totalement en la bonne foi des décideurs. Seulement cela a tout l’air d’une chasse aux sorcières.

Je répète je ne pense pas du tout que tout ce qui est réprimé est inutile, au contraire. J’ai comme l’impression amère encore une fois que la sanction est devenue le mode d’action première. On veut chercher ce qu’il faut sanctionner.

J’ai entendu même « le béninois est têtu », « il faut le rosser, le corriger, l’emprisonner ». Vraiment ? Le béninois tombe t-il vraiment des cuisses du diable ? Il est si irrespectueux ? Si rebelle ? Vraiment ? Le béninois ? Celui là qui a fait depuis 90 des élections ou présidentielles ou législatives ou communales ou municipales ou collégiennes ou universitaires sans « qu’aucun bain ne sang » ne l’éclabousse et « l’emporte dans ses flots. » ?

Je peux me tromper et cette réflexion n’a aucun objectif. Juste une réflexion. J’assumerai pleinement toutes les interprétations que les uns et les autres en feront.

Je ne retrouve plus un État éducateur, sensibilisateur, ouvert, humain aussi peut-être. Il y a un maître avec une cravache, une force, une terreur, un fouet, une lanière…

Je refuse que le langage de négociation ne marche pas avec notre peuple. Que le béninois ou tout autre peuple refuse d’obéir délibérément aux instructions sans menace. On peut bien parler autrement.

On est de plus en plus dans du « vous allez voir ».

Le béninois n’est pas têtu, ou rebelle. Il a besoin de comprendre. Et comprendre part de l’explication. Ainsi nous entendons éducation.

Alors notre État nous éduque vraiment ? Socrate disait « Nul n’est méchant volontairement » et pour faire le bien, il faut le connaître.

Pause.

Seminvo l’Enfant Noir

 

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