Bénin : SOUVENIR. A la découverte de la porte du non retour (point de départ de la déportation de millions de captifs mis en esclavage en direction des colonies d’outre-Atlantique.) …Par Nicole PAQUET

Ouidah, autrefois également appelée Juda, est une commune du Bénin, située à 42 kilomètres de Cotonou. Cet ancien fort portugais a été au XVIIIe siècle l’un des principaux centres de vente et d’embarquement d’esclaves dans le cadre de la traite occidentale.

La ville de Ouidah a été créée en 1721 comme fort par les portugais marchands d’esclaves, dont João Baptista de Ajudá (dont il porte le nom) pour servir et devenir l’un des principaux points d’embarquement des esclaves vers les Amériques. Le fort, actuel musée d’histoire porte l’inscription « Fort de S. João Baptista de Ajudá », visible en haut sur tout image du musée.

Le fort portugais de Ouidah en 1886

Sur les onze millions d’Africains exilés par la traite occidentale près de deux millions sont partis de la baie du Bénin, dont 60 % à partir des deux principaux ports à centraliser le trafic, Ouidah et Lagos.

La ville/fort de Ouidah était « soigneusement isolé du royaume d’Abomey afin de garantir le monopole du roi du Portugal ». Une autorité portugaise, le yovoghan (ce qui signifie littéralement « le chef blanc » ou « chef des blancs », c’est-à-dire le représentant des autorités portugaises) était assigné par le Portugal aux rois d’Abomey pour contrôler et garantir que les tribus d’esclaves étaient régulièrement fournis par ces rois, il constituait l’interface commerciale entre les négriers européens et l’État vassal d’Abomey. Dans ce royaume fondé par le roi Agadja d’Agbomin (1708-1740), la traite négrière fut une obligation de tributaire envers le roi du Portugal, ainsi, le roi Kpengla (1774-1789) devait alimenter ce tribu envers le Portugal par de périodiques razzias aux marges du royaume principalement en région Yoruba, pour éviter de livrer des personnes de l’ethnie des Fons.

Le Bénin est tristement célèbre pour avoir été le point de départ de la déportation de millions de captifs mis en esclavage en direction des colonies d’outre-Atlantique.

La Porte du non retour (OUIDAH) Bénin.


La plage de Djègbadji était la dernière étape pour les esclaves, la dernière vision de l’Afrique, qu’ils emmenèrent avec eux à l’autre bout de l’océan.

Monument du souvenir (Porte du non retour)


La république du Bénin, la ville de Ouidah et l’UNESCO y ont érigé en 1995 un monument du souvenir, « afin d’empêcher l’amnésie historique de s’installer et le silence de tuer une seconde fois. Des dizaines de millions d’esclaves qui par leur sang, qui par leur sueur ont enrichi les initiateurs et les destinateurs du commerce triangulaire du bois d’ébènes. » Baptisée la porte du Non-Retour, cette place de la mémoire symbolise à elle seule la tragédie du commerce triangulaire. Lieu rempli d’émotions, cette visite est celle du recueillement.

 

Nicole PAQUET

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