BENIN : À la découverte du temple des pythons en plein centre de la ville culturelle Ouidah.

Par : Nicole Paquet

Nicole Parquet

À l’origine, le domaine du temple s’étendait sur plusieurs hectares, mais sa superficie a été sérieusement réduite sous la poussée de l’urbanisation. Le sanctuaire se trouve maintenant au cœur de la ville, dans le quartier Dangbèxu, sur la place Agoli, aménagée par des pavés, mais où subsiste un baobab centenaire, en face de la basilique de l’Immaculée-Conception, principal lieu de culte catholique de la ville.

Le temple des pythons est ainsi composé de :

 

À l’entrée, un bâtiment en forme de case ronde, recouvert de chaume ; c’est l’élément d’origine

 

Un bâtiment en forme de cône tronqué, d’environ 12 m2, abritant les pythons vivants.
Le zingbin, énorme canari sacré blanc (jarre), retourné.

Tous les 7 ans on le dépose devant le temple et les dignitaires viennent y déposer des feuilles sacrées. Puis l’on choisit 41 filles vierges pour aller chercher de l’eau sacrée à un marigot situé à 7km du temple. Ça, c’était avant.

Maintenant qu’il est un peu difficile de trouver des filles en état de pureté, on prend 41 femmes ménopausées. Donc dans cette eau sacrée on triture les feuilles puis on prélève une partie du mélange pour purifier toute la ville de Ouidah. Ensuite on autorise les gens à en prendre pour des fins curatives. Cette jarre à plus de deux siècles de vie.

Le magasin de stockage où sont stockés tous les outils et le matériel pour réaliser les rituels.

Ces ustensiles et accessoires ne doivent pas quitter le temple.

Un petit enclos décerné au Dieu Ogou, Dieu du fer ;

Le Dieu de tous ceux qui touchent le fer soit les forgerons, mécaniciens… mais aussi Dieu de la Guerre car le fer est protecteur.

Deux petites cases ; des couvents réservés aux initiés.

 

Un arbre sacré appelé Iroko âgé de 600 ans.

Reconnaissable à son linge blanc, il conserve les esprits des ancêtres.

On y réalise des sacrifices tous les cinq (5) jours pour adorer la divinité. On peut ainsi formuler des vœux en y apposant la main gauche sur le tronc.
Le temple abrite plusieurs dizaines (voire une centaine) de pythons royaux qui ne présentent pas de danger pour l’homme. La femelle (dangbé drè) est plus grosse que le mâle (dangbé kpohoun). Leur longueur ne dépasse pas 1,50 mètre.

Ils ne sont pas nourris, mais on les laisse sortir une fois par mois. Ils capturent des insectes et des rats, vont parfois dans les maisons voisines qui y sont accoutumées. Si le python ne revient pas au-delà de 72 heures, la population le ramène, car tous les habitants de Ouidah ont le souci de leur divinité. La longévité du serpent atteint 10, 20, voire 50 ans.

La mort d’un python fait toujours l’objet d’une cérémonie mortuaire et il est enterré dans le cimetière des Pythons, où tous les pythons sont enterrés, en respect de la divinité Python.

 

Par : Nicole Paquet

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