RÉTROSPECTION SUR LE FRANC CFA : Un débat mal engagé.

Par Hector HOUEGBAN, Observateur de la marche des événements.

 

Le débat sur le CFA a malheureusement fini par se centraliser autour du maintien ou non de cette monnaie. Conséquence, on a tôt fait de constituer deux blocs, celui des bons et celui des mauvais. Le bloc des bons regroupe les antis CFA, 《dignes fils de l’Afrique》. Le second est celui des pros CFA, qualifiés de 《traitres et des vendus à la solde de l’ancien colonisateur》.

Cette catégorisation tranchée de fertilisé le débat et le rend stérile. Je suis de ceux qui pensent que la question aujourd’hui n’est plus de savoir si le système monétaire doit être maintenu ou non, mais plutôt dans quelle condition il devrait évoluer. Il serait en effet très peu constructif de faire de l’activisme pour exiger l’abolition du franc Cfa juste au nom d’une fierté panafricaniste.

Non CFA ? Abolition immédiate et sans condition du CFA ? Allons-y !

Mais on fait quoi dans les minutes qui suivent le retrait de la monnaie de la zone ? Qu’a t on déjà prévu pour éviter le chaos dans l’espace CEDEAO et la CEMAC ? Quel est l’agenda des farouches antis CFA pour garantir la sécurité de la zone, c’est à dire prévenir toute velléité de récupération de leur mouvement par les abonnés à l’extrême violence ? En ont ils les moyens ?

Au delà de tout, ce dont il s’agit ici, c’est que les économistes et statisticiens africains (et là je ne parle pas économistes et statisticiens qui sont des prolongements du système) nous disent si nos économies sont à même de garantir une gestion notre propre système monétaire. Comme l’écrit l’économiste-statisticien Foly Ananou, 《 Ce sont ces fondamentaux qui pourraient orienter l’ossature du nouveau système monétaire》.

Les économistes et activistes devraient donc s’inscrire dans une dynamique de sécrétion d’idées novatrices à proposer pour rendre le débat constructif et productif.