Sénégal : le Conseil constitutionnel enlève une épine du pied de Macky Sall

Le Conseil constitutionnel sénégalais a accédé ce 26 juillet à la requête du président Macky Sall sur la possibilité pour les électeurs d’utiliser d’autres documents que la carte biométrique pour les législatives du 30 juillet. La mesure intervient à la suite de la lenteur observée dans le processus d’édition et de distribution de la carte d’identité CEDEAO, seul document qui devrait en principe servir de carte électorale. L’avis favorable des sages du Conseil soulage le président Sall, même s’il n’est pas du goût de l’opposition.
C’est un avis favorable que vient de donner le Conseil constitutionnel sénégalais à la requête du président Macky Sall sur la possibilité de voter avec un document autre que la carte biométrique. Dans un avis qui a été entériné mercredi tard dans la nuit par les membres de l’institution, mais qui n’a été rendu public que ce jeudi, le Conseil a donné, « à titre exceptionnel », son feu vert à cette procédure, motivant sa décision par les «lenteurs notées dans le retrait des cartes d’identité biométriques». Dimanche, la Direction générale des élections (DGE) a pourtant estimé que près de 70% des cartes biométriques CEDEAO ont été retirées.
«Le Conseil constitutionnel est d’avis qu’à titre exceptionnel pour ces élections législatives du 30 juillet, l’électeur n’ayant pas pu retirer sa carte d’identité CEDEAO faisant office de carte d’électeur, mais dont l’inscription sur les listes électorales est vérifiée, peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription accompagné d’une carte nationale d’identité numérisée, d’un passeport, d’un permis de conduire».
Le Conseil a été saisi lundi dernier par le président Macky Sall sur la possibilité que les électeurs n’ayant pas pu retirer leur carte d’électeur légale selon les dispositions du Code électoral en vigueur puissent voter aux élections législatives du 30 juillet 2017 avec d’autres documents, dont la carte d’identité nationale numérisée, la carte d’électeur numérisée, le passeport, le permis de conduire, ou encore un document d’immatriculation, pour les «primo-inscrits» non détenteurs d’un des quatre premiers documents administratifs mentionnés.
Trois jours après sa saisine, le Conseil constitutionnel vient d’accéder à la requête du chef de l’Etat sénégalais, ce qui permettra à plusieurs centaines de milliers d’électeurs de voter lors des législatives du dimanche 30 juillet prochain.

Levées de boucliers
En saisissant le Conseil constitutionnel, Macky Sall a provoqué une véritable levée de boucliers de l’opposition politique et a provoqué un débat acharné dans le pays avec des avis de juristes et de politiciens qui divergent.
L’opposition a été particulièrement critique envers le président et son parti, l’APR, qu’elle accuse d’avoir sciemment retardé le processus afin d’entacher la « sincérité et la transparence du scrutin », ce que conteste le parti présidentiel.
L’opposition sénégalaise dénonce ce qu’elle considère comme «une forfaiture». Le camp de l’ancien président Abdoulaye Wade a même appelé à manifester lundi dernier afin de protester contre cette décision, une marche qui a été interdite par les autorités.
De son côté, la coalition Mankoo Taxawu Sénégal a également saisi le Conseil constitutionnel pour marquer son opposition «à la demande d’avis adressée au Conseil constitutionnel par le président de la République, Macky Sall, le 24 juillet». Pour ce camp également opposé à la coalition au pouvoir, «la requête du chef de l’Etat est nulle et non avenue et les sept sages incompétents pour ce dossier».
Le Conseil constitutionnel ne s’est pas encore prononcé sur la requête de l’opposition, mais au vu de l’avis favorable donné à celle du chef de l’Etat, il va sans dire que la messe est désormais dite. Le débat va certes continuer à trois jours des législatives du 30 juillet prochain où plus de 6 millions d’électeurs sénégalais sont appelés à élire les 165 nouveaux députés devant siéger au Parlement à travers 47 listes en compétition.

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